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Le paysan du siècle des Lumières ou la vie en communauté

Le paysan du siècle des lumières ou la vie en communauté. Restes de la maison principale d'une communauté de la Nièvre Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

Le paysan du siècle des lumières ou la vie en communauté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Restes de la maison principale d’une communauté de la Nièvre

Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

Le paysan du siècle des lumières ou la vie en communauté. Difficile de vivre sereinement à cette époque.

Dans toute l’Europe, la vie au XVIIIe s est particulièrement difficile pour les paysans.

La grande majorité de la population travaille la terre et se met en communauté familiale pour tenter de survivre au mieux dans un environnement hostile et difficile à supporter.

 

Mais qu’est-ce qu’une communauté ?

 

Le Seigneur des années 1700 est tout puissant de par sa naissance et sa fortune. Il a tous les droits y compris ceux de vie et de mort pour certains, il possède les terres qu’il distribue avec parcimonie moyennant des services rendus, selon des règles ancestrales immuables et des obligations particulièrement lourdes pour la population des laboureurs qui travaillent pour lui. Les communautés font leur apparition au début du XIe s lorsque le Seigneur s’approprie le droit de succession sur les ressources de ses paysans, tous serfs, c’est communément appelé: le droit de mainmorte.

Le seul moyen pour garder un soupçon d’autonomie est de vivre avec la famille, sous le même toit pour partager et mettre tout en commun. Ce type de fonctionnement permet lors de la mort du chef de communauté de laisser à ses parents, enfants, frères, soeurs, oncles ou cousins, la jouissance de ses biens sans que le Seigneur puisse y toucher. Cette assemblée peut donc vivre indéfiniment dans le temps. Le châtelain qui est le maître incontesté accepte de perdre les maigres ressources de ses sujets au profit d’une obligation de rester sur les terres quoiqu’il arrive. La mobilité de la population étant fort réduite, voire inexistante, ce dernier paramètre ne pose aucun problème.

 

Pourquoi la communauté ? 

 

La population a le désir de préserver ses pauvres avoirs, car elle se trouve dans une extrême pauvreté et un terrible dénuement. Les temps sont troublés, des bandes pillent et l’insécurité règne partout. En vivant avec sa famille, l’homme du XVIIIe s se sent plus fort et moins à la merci de son environnement.

En cas de conflit, le groupe est accueilli dans l’enceinte du château et se sent à l’abri.

 

« De feu, de lieu, de pain et de sel »

 

La communauté est dite de « feu » puisque ses membres partagent la cheminée, de « lieu » puisqu’ils sont sous le même toit, de « pain » puisqu’ils mangent la même nourriture (faite principalement de miches de pain) et enfin de « sel », car cette denrée est précieuse, rare à l’époque et se paie très cher. Dans le même ordre d’idées, les communautés sont dites également « au même pot et au même feu ».

 

Fonctionnement et organisation des communautés

 

Elles font l’objet d’un bail passé devant notaire, dans lequel sont détaillées toutes les corvées et les obligations. On y trouve également la notion de paiement, mais qui est, quelque peu, différente de notre vision actuelle. En effet, il s’agit plutôt d’une sorte de troc qui sert de monnaie, on paie en grains de blé, avec des volailles, des vaches pleines, des peaux de bête ou encore des bottes de foin.

Au sommet de cette humble hiérarchie, le chef ou maître de la communauté prend les décisions, mais discute avec ses subalternes de la marche à suivre. Il est le seul à pouvoir décider de l’utilisation de l’argent. Il achète des terres lorsqu’il le peut, tente d’enrichir le groupe et de subvenir à ses besoins les plus pressants. Il est le seul à porter des chaussures et sa place à table se reconnait à une feuille de vigne posée à côté de son assiette.

Une maîtresse de la communauté qui ne doit être ni la mère, ni l’épouse, ni la soeur, ni la fille du maître, s’occupe des enfants et des vieillards. Elle est aidée par les femmes pour la cuisine et la bonne tenue des lieux.

Enfin les comungs-parsonniers labourent la terre, veillent sur le bétail et s’attachent à faire les corvées dues au suzerain.(Le mot parçon vient du vieux Français qui signifie petite part, chacun des membres possédant une fraction des acquis de la communauté en fonction de ce qu’il apporte)

 

Eléments de vie: les bâtiments

 

La partie communautaire est la même partout dans le village, Elle se compose d’ espaces collectifs comprenant:

la cour avec le crot (la fontaine), la mare, la pescherie (étangs, ruisseaux).

la maison où le Maître, les parsonniers et leurs familles prennent les repas dans une très grande pièce avec, d’un côté, l’énorme cheminée et lui faisant face, le four à pain. La taille de la cheminée et celle de l’évier en pierre sont proportionnelles à l’importance et à la richesse de la communauté. Un couloir mène aux chambres individuelles, ce sont les seuls endroits où chaque couple peut avoir un peu d’intimité avec ses enfants.

Tout autour de l’ensemble, il y a la terre, les ouches (les pâturages), les champs, les jardins et les vergers avec quelques bâtiments çà et là pour le bétail.

 

Les habitudes des membres

 

Pratiquement rien n’est acheté sauf le sel obligatoire sous forme de l’impôt de la gabelle et le fer pour fabriquer des instruments agraires. Il est normal pour tout membre s’étant acquitté de son travail à l’extérieur de ramener quelque chose lorsqu’il rentre au sein de la communauté, ce peut être, un morceau de bois ou des brindilles trouvés près d’une haie pour entretenir le feu, un fruit tombé de l’arbre, des herbes servant au repas, aux infusions ou entrant dans la composition d’une potion, une pierre pouvant devenir un grattoir, un hachoir ou toute autre utilisation. Rien n’est laissé au hasard, car toute l’attention est concentrée sur l’augmentation de la richesse communautaire.

 

 

Les communautés perdureront jusqu’au XIX e siècle pour les dernières, ce mode d’activité a permis à nos ancêtres de réussir à vivre malgré les difficultés rencontrées. Ils ont, également, créé le panorama de nos campagnes d’aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

La face cachée du fabuleux château de Versailles

La face cachée du fabuleux château de Versailles

La face cachée du fabuleux château de Versailles Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS La galerie des glaces

  La face cachée du fabuleux château de Versailles

A la fin du XVIIe s, tout au long du XVIIIe et jusqu’au départ de Louis XVI et Marie-Antoinette, Versailles connaît d’importantes transformations.

Les admirateurs du Versailles d’aujourd’hui savent, pour la plupart, qu’au siècle des Lumières, le château est un état dans l’état avec une population de 3.000 à 10.000 personnes dont certaines vivent sur place. On rénove, on améliore et on augmente les surfaces des appartements de la famille royale et des courtisans, ces logements sont cédés selon des règles bien précises qu’ignorent, aujourd’hui encore, les visiteurs.

Les plans du château apparaissent vers 1705, dessinés par Mortin, ils sont améliorés en 1735 et 1755 par l’architecte Jean-François Blondel.

Les premières attributions sous Louis XIV

Pour obtenir un appartement, il faut plaire au Roi, car lui seul décide. Louis XIV est le premier à prendre en main le rapprochement de sa famille et de certains courtisans triés sur le volet. Les choses se passent simplement car les heureux destinataires d’un logement sont moins nombreux qu’ils ne le seront plus tard. Il est, donc, facile de s’établir dans cet endroit si convoité. Le Roi choisit d’accorder ses faveurs en fonction de renseignements et d’investigations qu’il reçoit principalement d’Alexandre Bontemps, son premier valet de chambre qui est devenu, avec le temps, une sorte d’ami, en lequel il a une totale confiance.

Entre Septembre 1715 et Octobre 1789, les difficultés pour vivre au Château

A la mort du Roi Soleil, Louis XV, puis Louis XVI plus tard continuent de choisir leurs préférés, mais les complications sont considérables. Malgré la construction de certains bâtiments rajoutés, la famille royale s’agrandit avec les nombreux enfants, leur descendance, les soeurs, les oncles, les tantes et les cousins du Roi, chacun avec leur Maison (entendez par là, leurs officiers, dames d’honneur, valets et femmes de chambre) tout ce petit monde est logé au Château et pose un réel problème pour les courtisans dont le nombre va croissant avec les années et qui ne peuvent tous être hébergés à la Cour.

Pour pallier à ce “désastre”, ils construisent des hôtels particuliers autour de la résidence royale. Certains sont toujours au même endroit aujourd’hui et donnent un charme très spécial aux grandes avenues.

Une fois acquis, il faut garder son appartement coûte que coûte

Avoir quelques pièces n’est rien en comparaison de la complexité pour pouvoir les garder. Chacun cherche à augmenter la surface de son territoire pour disposer, sur place, d’un pied à terre de qualité et n’hésite pas à proposer d’empiéter sur un appartement voisin ou carrément se l’approprier.

Le Roi est aidé par un contrôleur général des bâtiments qui présente les nombreuses requêtes des familles logées au château, en vue d’agrandissements et/ou d’améliorations.

Il y a parfois, en effet, urgence, vu l’état d’insalubrité de certains lieux, mais également des exigences qui sont non fondées par une noblesse avide de son rang.

Les attributions sont appelées “les bons du Roi”, le monarque se contentant d’inscrire le mot “bon” en dessous du nom de la requête.

L’état des appartements proposés

On peut imaginer que certains endroits sont somptueux avec leurs pièces en enfilade comme il est de coutume à cette époque. Ils sont accordés aux grandes familles nobiliaires qui tiennent des rôles importants à la Cour.

D’autres, en revanche, donnent sur les cours intérieures, ils sont petits, sales et peu entretenus. La simple mansarde fait également partie du choix auquel le Roi se prête. Les courtisans acceptent tout pour vivre à Versailles et consentent parfois d’avoir de petites pièces sombres à côté de ce qu’il est convenu d’appeler un lieu d’aisance avec les inconvénients d’odeurs et d’humidité qui rendent pratiquement impossible toute installation digne de ce nom. Mais qu’importe, il faut vivre à Versailles si l’on veut faire partie de la fine fleur qui fréquente les lieux.

Les maitresses royales reçoivent toutes des appartements exceptionnels.

Un exemple, Louis XV, la soixantaine, fou amoureux d’une très jeune femme, qu’il fait Comtesse du Barry, lui offre une partie de ses appartements privés au dernier étage du Château avec vue imprenable sur la cour de marbre.

Au Siècle des Lumières, Versailles est convoité par une population désireuse de s’installer au plus près du Roi, le but étant de se faire remarquer et de recevoir la faveur royale et toutes les prérogatives qui en découlent. Tous les moyens sont bons pour atteindre ce nirvana.

Les bâtiments sont divisés, construits, reconstruits, élevés, abaissés, agrandis ou rapetissés, un peu comme un immense gruyère, ce qui donne, aujourd’hui une impression curieuse lorsque l’on visite l’intérieur du château, là, où le public va peu. En certains endroits, l’architecture semble bizarre et quelque peu surréaliste, ce sont, en réalité, les restes d’une époque révolue où il fallait être auprès de la famille royale pour croire, enfin, faire partie de l’élite du moment.

& n’oubliez pas…Enjoy !

 

 

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Connaissez-vous Seikilos ?

 

 

Song of Seikilos – 1st century Greek song » de SAVAE (San Antonio Vocal Arts Ensemble) Artiste Sacbe Licence YouTube standard

Connaissez-vous Seikilos ?

Aidin, en Turquie, à trente kilomètres de la prestigieuse ville d’Ephèse, pourrait bien détrôner cette dernière en popularité, en effet, une exceptionnelle découverte a été faite en 1883

Seikilos, retenez bien ce nom, car il se classe en tête de liste des compositeurs de la plus ancienne musique complète jamais découverte au monde. L’histoire est belle, écrite probablement dans une fourchette de 3OO ans environ, (entre 200 avant J-C et 100 après J-C) gravée sur une pierre tombale en marbre grisé, érigée peut-être pour l’épouse ou le père du musicien.

Des mots simples…

Une épitaphe donne quelques indications: « Je suis une pierre tombale, une icône. Seikilos m’a mise ici comme le signe éternel d’un souvenir qui ne s’effacera jamais ».

Quelques mots de la mélodie:

Pendant votre vie, rayonnez
Ne vous laissez pas aller à la souffrance
La vie n’existe qu’un très court instant
Et le temps exige son tribut

Pour les puristes enfin et les connaisseurs, cet air a été écrit selon le mode « myxolidien » sur un genre « diatonique » (gamme composée de deux demi-tons et de cinq tons). La harpe domine et rend l’ensemble d’une merveilleuse légèreté

Cette musique est unique par le seul fait que son arrangement bien que court est complet contrairement aux autres morceaux retrouvés, mais qui ne sont que des extraits des » hymnes delphiques » sensiblement de la même époque.

La stèle peut être vue au Musée de Copenhague

2._Stèle_portant_l’inscription_de_Seikilos

« 2. Stèle portant l’inscription de Seikilos » par inharecherche — 2. Stèle portant l’inscription de SeikilosUploaded by Markos90. Sous licence CC BY 2.0 via Wikimedia Commons –

 

 

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Quelques hôtels particuliers et vieilles maisons de Nevers

Se promener dans la ville de Nevers est un enchantement pour qui sait aller chercher ce qui s’y trouve, certes, parfois bien caché ! Je veux parler des hôtels particuliers, ces maisons dans lesquelles les nobles d’antan venaient se reposer ou se divertir en ville et délaissaient momentanément leur château de la campagne nivernaise. De même, certaines très vieilles maisons valent le détour. Ici ces demeures foisonnent. En voici quelques-unes des plus connues du passé architectural de Nevers.

 

Hôtel de Maumigny Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

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Michèle LALLEE-LENDERS

Hôtel de Maumigny

Situé au douze de la rue Creuse dans le centre ville, ce logis se distingue surtout par son architecture, il appartenait à la prestigieuse famille de Maumigny dont la filiation est établie en 1412, mais l’on trouve trace d’un Jean de Maumigny déjà en 1340.

Construite au XVe s (vers 1470) et remaniée au XVIes (1584), cette habitation possède des pierres de taille de belle facture. Classés par le Ministère de la Culture et de la Communication dans le cadre du recensement des Monuments Historiques en 2000, certains éléments de l’hôtel sont protégés. Il s’agit, pour la partie intérieure, de la tourelle avec son escalier en vis et sa très belle porte et de la cuisine située  au-rez-de-chaussée, en ce qui concerne l’extérieur, sont pris en compte le portail qui date du XVIIIe s, les façades et les toitures.                                                                                                              Il semble que rien n’ait été changé depuis.                                                                 Propriété privée

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Maison du prieur de Saint Victor Tous droits réservés  Michèle LALLEE-LENDERS

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Michèle LALLEE-LENDE

Maison du prieur de Saint Victor

Au dix de la rue Creuse se trouve l’ancien prieuré bénédictin de Saint Victor, également appelé ancienne maison du prieur.                                                                                      Le prieuré est peut-être le premier du genre construit à Nevers dans la Haute Antiquité.

Sur l’une des pierres de la façade actuelle est gravé le chiffre 675, il s’agit du très ancien numéro de la rue devenu le dix. Malmené par le temps qui passe et par un désintérêt manifeste de le garder en état, il est rétabli par l’évêque Hugues II de Champallement  en 1053. Puis, le tout puissant Comte de Nevers, Guillaume Ier l’offre aux moines de la Charité sur Loire.                                                                                                                   Le nom de Saint Victor disparaît en 1791 en devenant une filiale de la paroisse Saint-Cyr.                                                                                                               On remarque des fenêtres groupées par deux dites géminées qui sont murées et une porte galbée

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Cliquer pour agrandir  Maison Bussière Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

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Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

Une maison spectaculaire du XVIe s

Au 22 de la rue Saint Etienne, la maison « Bussière » attire le regard par son architecture si particulière avec son encorbellement du premier étage et ses pans de bois. C’est un exemple d’une maison typique de la Renaissance.

Elle fût habitée par une famille de menuisiers du nom de « Bussière »probablement pendant un siècle.

Au XVIIIe s, la rue Saint Etienne portait un autre nom comme en témoigne une inscription « rue du Foin »datant de 1776  gravée sur la partie droite de la façade.

Elle est classée monument historique depuis le 14 août 1916

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Cliquer pour agrandir Maison urbaine du XIIIes Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

Cliquer pour agrandir              Maison urbaine du XIIIes
Tous droits réservés
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 Une demeure dite urbaine du XIIIe s

A l’angle des rues de la cathédrale et de la parcheminerie, un intéressant spécimen de l’architecture du XIIIes, une maison sur deux étages.

Ceci n’est qu’un très petit échantillon de ce que l’on peut voir en se promenant parmi les rues de cette ville magnifique .

 

 

 

 

 

 

Une mort annoncée…

La Conciergerie Koskoo

La Conciergerie
Koskoo

Ce 16 octobre 1793, dans la prison de la Conciergerie à Paris, un horrible drame se joue. L’histoire est en marche.

Le procès est enfin terminé, plus de bruits, ni de hurlements, ni d’insultes, ni de paroles haineuses, un silence pesant envahit le cachot. Parlons-en, un endroit sale, malodorant, avec une paillasse en guise de lit, une petite table en bois blanc et deux mauvaises chaises comme on dit.

Quelque part, dans une pièce minuscule de la Conciergerie

Il est 4 heures et demie du matin, une femme termine sa dernière lettre à la lueur tremblante de deux bougies. Il s’agit de son ultime adieu aux siens et à la vie. La missive est adressée à sa belle-sœur et elle se termine par ces mots bouleversants:

« Je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu! qu’il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu ».

Elle dépose la plume à côté du papier et va s’allonger. Elle est si fatiguée, elle vient de passer un trop long moment debout, face à ses juges et elle souffre d’hémorragies incessantes qui l’affaiblissent.

Les dernières heures avant le châtiment

Un bruit de porte, « Mon Dieu, est-ce déjà l’heure? » Une petite silhouette s’approche, « Madame, il faut changer de linge et prendre quelque chose, j’ai apporté du bouillon que j’ai fait cette nuit ».

Elle sourit, « A quoi bon tout cela ? » mais la petite servante, à peine sortie de l’enfance, insiste tellement qu’elle finit par accepter deux cuillerées du liquide chaud qui lui font du bien.

Il lui faut passer, maintenant, une longue robe blanche devant les deux gendarmes qui ne la quittent pas des yeux. « Messieurs, je voudrais me changer, pouvez-vous vous retourner? » Les hommes refusent, ils suivent à la lettre ce qui est préconisé, il ne faut en rien agréer à quelque demande que ce soit de la part de la prisonnière.

Elle se lève, va dans la ruelle de son lit, la petite lingère tente bien de se mettre devant elle pour la cacher des regards indiscrets, elle lui tend le morceau de toile enroulé qui empêche le sang de s’écouler du corps de sa maîtresse et l’aide à enfiler son vêtement. « Va maintenant, ma fille, je n’ai plus besoin de toi » La petite arrive à la porte, se retourne pâle, défaite et dans un sanglot murmure « Au revoir, Madame ».

Encore quelques heures de tranquillité. Elle voudrait pleurer, mais ses larmes se sont taries après avoir vécu toutes ces infamies, ces horreurs et ces humiliations.

Le jour se lève, des bruits de pas retentissent, la porte grince, plusieurs hommes entrent dans la pièce. « Il est l’heure, citoyenne » explique l’un d’eux. La jeune femme s’assied. On coupe la chevelure dont elle est si fière, mais qui a viré au blanc en quelques heures. On pose un vilain bonnet sur sa tête et on lui lie les mains, dernier affront à son statut, mais qu’importe, elle est prête.

Avant de sortir, elle jette un coup d’oeil à sa geôle et suit le couloir jusqu’à la petite cour du Mai. Il fait frais, elle respire, à pleins poumons, l’air, oui l’air comme elle n’en a plus senti depuis si longtemps. Dehors une immonde charrette attend, à sa vue, elle a un recul, mais s’assied, droite, le regard perdu dans le lointain.

Le courage pour supporter l’insupportable

Le peuple de Paris est venu, silencieux, les hommes se découvrent sur son passage, les femmes se signent. Seul un calme pesant envahit les rues par lesquelles le convoi passe. Curieusement, peu d’injures ne la salissent pour ce dernier voyage.

Dans cette infâme carriole qui l’emmène vers son funeste destin, pense-t-elle à la Cour de Vienne, à sa mère si aimante, à ses frères et soeurs, à son départ pour la France à quatorze ans ?.

Se rappelle-t-elle de son amitié pour Louis XV, de son mari Louis XVI, cet homme timide, mais si bon, de son fils, son Chou d’Amour, l’enfant mâle tant espéré et de sa fille, la petite Madame Royale, enfin d’Axel de Fersen, l’homme pour lequel elle cultive une tendresse toute particulière.

S’accroche-t-elle à eux en pensée pour ne pas faiblir ?.

Elle a hâte que tout cela finisse, il y a trop longtemps qu’elle souffre, son mari a été guillotiné, on lui a arraché son petit garçon et on en a fait un rustre. Privée de ce qui lui restait de famille, elle a été emprisonnée à la Conciergerie, dans cet endroit sinistre, d’une saleté repoussante et ses derniers mois se sont passés dans le noir, sans aucun rai de lumière ou de soleil.

Alors, que regretter ? Pourquoi continuer à vivre? La mort est la bienvenue, elle apporte la délivrance et la paix… enfin.

La place de la Révolution, noire de monde, est en vue, elle lève les yeux et regarde sans trembler l’instrument de torture qui va lui apporter la mort, cette horrible machine que l’on nomme la guillotine.

Au pied des escaliers, elle monte précipitamment, si rapidement qu’elle en perd un soulier. Le bourreau, Henri Sanson l’attend, par inadvertance, elle lui marche sur le pied, « Monsieur, je vous demande excuse, je ne l’ai pas fait exprès », ce sont ses ultimes paroles.

Mise sur la planche, une corde autour du corps, à douze heures quinze, le couperet tombe et lui arrache la tête. A ce moment précis, la foule hurle: « Vive la république ».

Maria Antonia Anna, Josepha, Joanna de Habsbourg-Lorraine, plus connue sous le nom de Marie-Antoinette d’Autriche, Reine de France et de Navarre vient d’être exécutée par décapitation.

Il y a exactement deux cent vingt ans que la folie et la cruauté des hommes ont mis fin à ce terrible destin…Triste anniversaire.

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Louis XVI, un roi méconnu de l’histoire

Louis XVI Antoine-François Callet Domaine Public

Cliquer pour agrandir                            Louis XVI
Antoine-François Callet
Domaine Public

Personne n’est aussi malmené par l’histoire que le roi Louis XVI. Certes, ses illustres prédécesseurs ne l’aident pas.
Petit-fils de Louis XV et arrière-arrière-petit-fils de Louis XIV, Louis XVI est coincé entre sa timidité légendaire et son introversion, qui donnent de lui une image peu flatteuse. Et pourtant… le roi est loin d’être l’homme que l’on décrit. D’après d’éminents professeurs d’histoire, Philippe Bleuzé et Muriel Rzeszutek, «Louis XVI connaissait le latin, l’allemand, l’espagnol, maîtrisait l’anglais parfaitement, pratiquait la logique, la grammaire, la rhétorique, la géométrie, l’astronomie. Il avait une culture historique et géographique incontestable et des compétences en économie ».

Du duc de Berry au dauphin de France
Louis Auguste de France, duc de Berry, naît le 23 août 1754 à Versailles. Rien ne le prédestine à devenir, un jour, Louis XVI, si n’est une suite fâcheuse de décès qui change le cours de l’histoire et de sa propre vie. Ses deux frères aînés meurent successivement, d’abord le duc de Bourgogne, d’une chute de cheval mal soignée, puis le duc d’Aquitaine, en bas âge.

Son père, Louis de France, le dauphin, décède de la tuberculose en 1765. Deux ans plus tard, sa mère Marie-Josèphe de Saxe le rejoint.

Louis se retrouve seul, propulsé héritier de la couronne de France. Son grand-père, Louis XV, n’est pas très présent pour lui, plus occupé à chasser dans le fameux parc-aux-cerfs, de jeunes tendrons dont l’âge diminue au fur et à mesure que le sien augmente!

Il passe les premières années de sa petite enfance entre les mains de ses gouvernantes. A l’âge de sept ans, Monsieur le duc de la Rocheguyon est nommé gouverneur du dauphin avec la lourde charge de lui inculquer les principes de sa future fonction. Cet homme très conservateur et strict déteint sur son jeune élève.

Mercredi 16 mai 1770, mariage du dauphin et de l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche

Il a à peine16 ans, elle,14 ans et demi, lorsqu’ils sont unis par l’archevêque de Reims, dans la chapelle royale de Versailles. Grâce aux manœuvres de Choiseul, le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, la France et l’Autriche sont réunies.

Un somptueux dîner, voulu par Louis XV, est donné dans le tout nouvel Opéra Royal, dont l’inauguration a lieu le même jour. Ce monument est exceptionnel pour l’époque et résolument moderne, car il peut faire à la fois office de salle de spectacle, de salle de bal ou de salle de banquet. Un système ingénieux de treuil permet de doubler la surface initiale et d’accueillir quelques 1400 personnes (contre 600 aujourd’hui.)

La famille royale est assise autour d’une immense table sur la scène et c’est là même que Louis XV, connaissant la gourmandise légendaire de son petit-fils, l’engage à manger léger, faisant allusion à sa nuit de noces. « Pourquoi donc? dit le dauphin, je dors toujours mieux quand j’ai bien soupé! »

Dans les jours qui suivent, un bruit insistant court, une anomalie physique, un phimosis, empêche Louis d’avoir une relation sexuelle normale ou bien est-il impuissant? On ignore encore, aujourd’hui, s’il est traité par une circoncision ou si le temps lui permet d’avoir, enfin, une relation physique normale après sept ans de mariage (dixit les historiens de l’époque). De son union avec Marie-Antoinette naissent quatre enfants: Marie-Thérèse Charlotte, Louis (mort à 8 ans), Louis XVII (sacrifié sur l’autel de la Révolution) et Sophie Hélène Béatrice (morte en bas âge).

1774-1789, le règne de Louis XVI jusqu’à la Révolution

Louis XV meurt en 1774, et le jeune dauphin accède au trône. Il a deux passions dans la vie, la chasse et la serrurerie, elles ne l’aident malheureusement pas à jouer le rôle auquel il est si mal préparé.

Il tente, néanmoins, de prendre de justes décisions, comme celle de rendre l’impôt égalitaire. Mais, cette réforme le rend impopulaire, car la noblesse, avide de ses privilèges, et une partie du clergé s’y opposent farouchement. Louis XVI n’utilise jamais la force et préfère, de beaucoup, tenter des compromis pour arriver à ses fins. Ce manque de décision précipite sa chute et celle de sa famille.

On retiendra, pourtant, de son règne quelques dates importantes:

1779: suppression du servage
1780: abolition de la « question » visant à faire avouer le suspect d’un crime
1781: victoire sur l’Angleterre et active participation de la France à l’indépendance américaine
1785: passionné de voyage, Louis XVI met sur pied l’expédition de Jean-François de La Pérouse, chargé de faire la cartographie du monde à bord de ses deux vaisseaux l’Astrolabe et la Boussole
1786: introduction de la culture de la pomme de terre à la cour
1790: adoption du nouveau système de poids et de mesures du royaume sur proposition de Talleyrand à l’Assemblée nationale
1791: tout condamné à mort ne subira plus de torture mais aura la tête tranchée
La Révolution et la mort
Mais le peuple, écrasé par les impôts, se soulève et débute alors, la descente aux enfers.

La liste est longue des compromis qu’il accepte espérant sauver la France et les siens de la Révolution qu’il pressent terrifiante.

Par ses prises de position, il accepte la réduction de ses pouvoirs

Le roi tolère de porter la cocarde (bleue et rouge) validant ainsi la prise de la Bastille
Il signe la Déclaration des droits de l’homme et des citoyens
Il approuve le fait de devenir « Louis, par la grâce de Dieu et par la Constitution de l’Etat, roi des français » et non plus, « Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre »
Il va jusqu’à jurer fidélité à la constitution.
L’épisode connu sous le nom de la fuite de Varennes, lui est fatal. Il perd toute crédibilité et est condamné à mort comme traître à la sûreté de l’Etat.

Il est exécuté le 21 janvier 1793 à 10h22 sur l’actuelle place de la Concorde. Son courage et son exceptionnelle dignité devant la mort sont salués par le peuple devant l’échafaud.

Il est à noter que les conférenciers du Château de Versailles tentent, aujourd’hui, de réhabiliter cet homme bon qui aimait profondément les Français et qui ne voulait surtout pas faire couler le sang de son peuple.

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La chute de la royauté après la prise de la Bastille

La chute de la royauté après la prise de la Bastille La cour carrée

La chute de la royauté après la prise de la Bastille Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

La chute de la royauté après la prise de la Bastille 

15 juillet 1789, 8 h du matin, Louis XVI et Marie-Antoinette apprennent que, la veille, la prison de la Bastille est tombée entre les mains du peuple.

La prise de la Bastille surprend Louis XVI qui veut comprendre ce qui peut bien se passer à Paris. “S’agit-il d’une révolte?” demande-t-il. Et le duc de la Rochefoucauld, grand’maître de la Garde-Robe du Roi, de répondre: “Non Sire, ce n’est pas une révolte, c’est une révolution”

Stupéfaction…jamais le Roi n’imagine que l’on puisse remettre en cause sa toute puissance, et pourtant…il n’est pas au bout de ses surprises.

La fuite des flatteurs

Dès le lendemain, les courtisans s’en vont déguisés en domestiques et regagnent leurs terres au plus vite, car il ne fait pas bon d’être auprès de leurs Majestés par ces temps troublés.

Oubliés le Roi, la Reine et la famille royale qu’hier encore ces grandes familles de la noblesse adulaient et encensaient outrageusement. L’égoïsme démesuré est de nouveau de mise, il faut sauver sa vie avant tout et tant pis pour ceux qui décident de rester.

Celle qui engendre tous les maux

Les caisses sont vides, le peuple gronde et accuse Marie-Antoinette d’avoir dépensé les deniers de l’Etat. Ils ne le savent pas, car on s’est bien gardé de faire savoir à ces Français en colère, que la crise qu’ils traversent est en partie due à l’engagement pris dans la guerre d’indépendance américaine. D’un point de vue financier, cette participation précipite le pays dans une crise sans précédent, mais il faut trouver un responsable et “l’Autrichienne” est une proie toute trouvée puisqu’elle est sur place.

Devant la tournure que prennent les événements, une première vague d’émigration se met en route. Le Comte d’Artois, frère du Roi et des amis très proches du Souverain, tels les Polignac quittent le château sur ordre de Louis XVI, persuadés de revenir sous peu.

Le Roi veut reprendre les rênes du pouvoir

A peine remis remis de sa surprise, Louis XVI cherche désespérément à sauver les siens de cette vague de haine si déroutante. Il ne mesure pas la gravité de la situation, il est trop loin de Paris et les nouvelles ne lui arrivent que peu à peu. Sa bonté, son sens du devoir et sa peur de verser le sang du « bon »peuple vont l’amener à prendre les mauvaises décisions.

La prise de la Bastille représente un facteur important dans la lente descente vers la révolution. En effet, la célèbre prison symbolise le despotisme royal. Sa destruction marque à jamais les esprits enflammés qui y voient une brèche dans laquelle ils peuvent s’engouffrer pour aller plus loin. Ce que font, d’ailleurs, les provinces toujours avides de suivre la violence qui fait fureur dans la capitale.

Petit à petit, les privilèges royaux vont tomber un à un entrainant avec eux la monarchie et la noblesse

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit

Le Tiers-Etat qui représente la majorité des français, change d’appellation dans le but d’écraser la Noblesse et le Clergé avec lesquels il se doit de composer. Il prend le nom d’Assemblée Nationale et au prix de mille difficultés rédige la constitution en dix-sept articles

Conseillé par La Fayette, le 5 octobre 1789, Louis XVI, contraint et forcé, signe la déclaration des droits de l’homme et des citoyens qui stipule l’abolition des prérogatives féodales. Comble de l’ironie, il y est dénommé dans les lettres patentes “ restaurateur de la liberté françoise” (sic).

Par la même, il renonce à ses droits et se met sous la coupe des révolutionnaires sans espoir de retour. Il perd tout pouvoir réel et toute crédibilité vis à vis de la France.

A cette date précise, l’Ancien Régime est presque mort et le pays n’a plus qu’un simulacre de roi.

6 octobre 1789, le départ de Versailles

La suite est connue, les femmes viennent à Versailles pour demander du pain. Dans la foule, des chômeurs. Cette population excitée réclame la venue du Roi à Paris. Pour ne pas envenimer les choses, le souverain accepte et aux termes d’un voyage épuisant de 9 heures, il s’installe aux Tuileries avec Marie-Antoinette, ses enfants et sa soeur. Un semblant d’étiquette se remet en place et quelques amis nobles, favorables à la famille, les aident dans ce sens. Mais le calme est précaire.

1791, la fuite jusqu’à Varennes va envenimer les choses et fragiliser le peu d’équilibre, une surveillance continuelle et drastique est instaurée.

Une éventuelle aide de l’Autriche pour sauver le Roi va amener le peuple à assiéger le palais le 10 août 1792. Aux termes de cette journée particulièrement sanglante, (quelques huit cents personnes perdent la vie) la monarchie s’écroule définitivement. A ce moment précis le sort de la famille de France est scellé dans la haine, le sang et la mort.

& don’t forget Enjoy !

Le bain, à la cour de Versailles, durant le siècle des Lumières

Le bain, à la cour de Versailles, durant le siècle des Lumières

Le bain, à la cour de Versailles, durant le siècle des Lumières Tous droits réservés à Michèle LALLEE-LENDERS

Le bain, à la cour de Versailles, durant le siècle des Lumières 

La salle de bains existe au XVIIIe siècle . Pour s’en persuader, il faut visiter celle de Louis XV à Versailles, véritable chef-d’œuvre d’architecture.

A la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe, l’hygiène n’est pas, à proprement parler, la priorité du peuple français, il en est de même à la cour de Versailles.

L’eau est considérée comme extrêmement dangereuse, surtout l’eau chaude, qui dilate les pores de la peau et permet à de terribles maladies d’attaquer le corps; c’est du moins ce que l’on pense à la fin du règne de Louis XIV.

On comprend mieux pourquoi, avec de tels arguments, les parfumeurs de l’époque font probablement fortune.

Sous Louis XIV

Pourtant, on peut voir aujourd’hui, dans l’Orangerie du château de Versailles, une baignoire octogonale en marbre du Languedoc, dont le prix avoisine alors 15000 livres tournois, qui, sous le Roi Soleil, se trouve au rez-de-chaussée, dans une pièce appelée cabinet des bains et qui devient, par la suite, l’antichambre de Madame Victoire, une des filles de Louis XV.

Louis XIV s’en sert-il? Probablement mais, très occasionnellement!

Les soins

La toilette est sommaire à cette époque, même si celle faite au monarque est à remarquer. Mais, il s’agit du premier personnage de l’Etat… On sait, d’après les écrits, que le roi se lave le visage et les mains, (« laver » pour les mains est, peut-être, un grand mot, dans la mesure où un valet se contente de verser de l’eau contenue dans une aiguière en métal précieux), ensuite, on lui frotte le corps avec des serviettes chaudes. Pour le reste, le parfum masque tant bien que mal les odeurs corporelles.

Il arrive aussi que le roi se baigne dehors en été, on suppose dans le grand Canal.

Sous Le Bien-Aimé et sous Louis XVI

Lors du règne de Louis XV, les choses commencent à changer. La mortalité importante de la population, due à l’épouvantable saleté du bon peuple, fait réfléchir et un nouvel état d’esprit naît. Le roi a, tout au long de sa vie, plusieurs salles de bains, en fonction des appartements de ses maîtresses, Madame de Pompadour et Madame du Barry pour ne citer que les principales et les plus connues.

Il est dit qu’en 1728, Louis XV a une salle de bains au 1er étage. Elle est encore visible aujourd’hui, proche de son état d’origine, ses deux fenêtres donnent sur la cour des Cerfs. Louis XVI l’a aussi utilisée.

Décoration

La salle de bains est une pièce intimiste, de dimensions réduites, certes, mais très richement décorée. On y voit encore les trous par lesquels passaient les conduits d’eau chaude et d’eau froide des deux baignoires en cuivre (appelées cuves), hélas disparues. Situées de part et d’autre d’une cheminée de marbre, la première sert à se laver et Dieu sait si, après les chevauchées de la chasse, ce n’est pas un luxe; la seconde, à se rincer et se prélasser dans une eau chaude délicatement parfumée.

Le sol est recouvert d’un magnifique pavement de marbre blanc avec cabochons noirs que l’on retrouve partout dans le château; les murs sont décorés de stucs dorés et finement ciselés, d’une extrême richesse, une glace au-dessus de la cheminée est bien utile pour réchauffer l’ensemble en hiver.

Directement, à l’étage supérieur la cuve en plomb (avec ses tuyaux d’origine) alimente le bain royal et permet de comprendre comment l’eau est distribuée par un système relativement sophistiqué, comme on peut le voir sur la photo du plan joint

Cliquer pour agrandir Plan de la salle de bains de Louis XV et de Louis XVI Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

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Plan de la salle de bains de Louis XV et de Louis XVI
Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

Enfin, dans une minuscule pièce, juste à côté, se trouve le cabinet de chaise (joli terme si on le compare à celui employé aujourd’hui) qui permet de s’isoler pour un besoin bien naturel.

En entrant dans ce lieu, on se prend à penser que si les murs pouvaient parler….nul doute qu’ils auraient bien des choses à nous narrer.

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Axel de Fersen, le bien-aimé de la reine Marie-Antoinette

Axel de Fersen, le bien-aimé de la reine Marie-Antoinette

Axel de Fersen, le bien-aimé de la reine Marie-Antoinette Françoise Kermina

Axel de Fersen, le bien-aimé de la reine Marie-Antoinette

Le comte Axel de Fersen, traverse le XVIIIe siècle, en redéfinissant le romantisme exacerbé et bouleverse tous les codes en vigueur à la cour de Versailles.

Au milieu des innombrables livres, billets, pamphlets consacrés à la reine de France, l’histoire retient une indéfectible affection et, sans doute, une probable liaison platonique entre Marie-Antoinette et un noble suédois.

Axel de Fersen, qui est-il?

Fils aîné d’Hedvig Catharina de la Gardie et du richissime Feld-Maréchal Frederik-Axel von Fersen, figure emblématique et politique de Suède, Axel von Fersen, né à Stockholm, le 04 septembre 1755, rejoint, très jeune, la vieille Europe pour parachever son éducation comme il est de coutume chez les grandes familles nobiliaires. Il se destine à la carrière militaire suivant ainsi le chemin emprunté par son père.

Très empreint de culture française, sa famille et lui-même s’expriment dans cette langue avant même de parler le suédois.

Présentation à la cour de France

Il est de coutume de raconter que le jeune homme tombe amoureux de la Dauphine Marie-Antoinette dès qu’il la rencontre à un bal de l’Opéra. Rien n’est moins sûr. A l’époque, Axel a surtout envie de s’amuser et les divertissements et autres réjouissances ne manquent pas à Paris pour le captiver.

Il est, cependant, présenté officiellement à Versailles à la fin de l’été 1774.

Marie-Antoinette l’accueille d’un “Ah, une ancienne connaissance!” qui ravit, on le conçoit, le fringant militaire. Distingué par la Reine, il entre dans son intimité en compagnie de quelques rares privilégiés comme la princesse de Lamballe, la duchesse de Polignac, le comte d’Artois ou encore le duc de Coigny.

A partir de là, la cour épie, surveille, jase et les courtisans se passionnent pour cette histoire improbable qui est pourtant fondée sur l’intérêt que la souveraine semble porter à monsieur de Fersen.

On peut voir aujourd’hui deux minuscules pièces, à Versailles, qui, au XVIIIe s, sont réservées aux ambassadeurs de passage et dans lesquelles séjourne Fersen lorsqu’il est au château. Ce modeste pied-à-terre, donnant sur une cour intérieure exigüe, est proche des petits appartements de la Reine et favorise, probablement, les rencontres discrètes.

Faveur royale

Bien que personne ne mette en doute l’intérêt que porte le jeune homme à la souveraine, Fersen pense aussi à son avenir militaire. En 1778, la Reine le fait nommer colonel du régiment Royal-Deux Ponts. Enfin, en 1783, fraîchement rentré de la guerre d’Amérique au cours de laquelle il est remarqué pour ses brillants faits d’armes, il souhaite s’installer en France. Louis XVI, sur les instances de Marie-Antoinette et du Roi de Suède, lui octroie une pension, le régiment Royal-Suédois, créé en 1690, et le grade de colonel, comblant ainsi ses plus chers désirs.

Amitié amoureuse ou…plus?

Personne n’a jamais pu prouver de façon irréfutable une quelconque liaison entre les deux jeunes gens. Seules quelques lettres, conservées aux Archives nationales de Stockholm laissent transparaître le tendre penchant qui les unit.

Tout a été dit sur cette histoire avec moult exagérations et affirmations mensongères. Si l’on s’en tient à ce qui est écrit, on ne peut nier que la Reine et Fersen ont une très grande complicité, une affection réelle et une attirance profonde. Mais, rien d’autre ne peut-être affirmé ou infirmé. Est-il aimé? Aime-t-il? Il y a tout lieu de le penser, mais il ne faut pas occulter le fait qu’il est, aussi, un libertin. Ses innombrables bonnes fortunes sont impressionnantes.

Lettres et tenue d’un journal du 03 juin 1770 au 31 mars 1808

Pendant trente-huit ans, cet homme tient un journal, dont il reste quelques milliers pages, dans lesquelles il se dévoile comme un être droit, simple, mais réservé.

Le Suédois est, avant tout, un militaire, et à ce titre, il quitte souvent la cour pendant de longs mois, mais des lettres, sauvées par on ne sait quel miracle, donnent une idée assez explicite de sa profonde inclination et de son attachement à cet amour impossible.

Les lettres sont de plusieurs sortes, souvent codées par le biais du mode poly-alphabétique, sorte de code secret qui substitue une lettre à une autre qui n’est pas nécessairement toujours la même. Une clé permet de chiffrer le texte. D’autres missives utilisent l’encre sympathique.

Dans l’une d’elles, écrite à sa sœur, la comtesse Sophie Piper, sa confidente, il donne le ton. Ses phrases sont éloquentes et ne laissent aucune place au doute.

Faisant allusion à la date anniversaire de l’exécution de Marie-Antoinette, il écrit: “C’était un jour aussi mémorable qu’atroce pour moi, cet anniversaire du jour où j’ai perdu l’être qui m’aimait plus que tout sur terre et que j’aimais d’un amour sincère. Je pleurerai cette perte toute ma vie “

Quelques faits peu connus

  • Fersen appartient à la loge maçonnique L’Olympique de la Parfaite Estime, où seuls se rencontrent des membres de la très grande noblesse, toujours dans une courtoisie de bon aloi qui est très en vogue au siècle des Lumières. A l’époque, chaque régiment possède sa loge maçonnique.
  • Les mauvaises langues prétendent que l’enfant du Temple, le futur Louis XVII, est le fils du Suédois. Le Roi Louis XVI laisse la porte ouverte à toutes les interprétations en écrivant dans son journal une phrase sibylline, le jour de la naissance: “La Reine vient de mettre au monde le duc de Normandie, tout s’est passé comme lorsque mon fils est né”. Complaisance, balourdise? Nul ne peut le dire même aujourd’hui.
  • Entièrement dévoué à la cause des souverains français, Axel prend d’énormes risques en organisant la fuite de Varennes et en servant de cocher à la famille royale pendant la première étape. Malgré ses démarches incessantes pour les sauver, le Roi puis la Reine sont exécutés. Fersen, effondré, regagne son pays. A la suite d’une sombre histoire non élucidée, on l’accuse d’avoir empoisonné le prince héritier. Il se défend vigoureusement d’un tel acte, mais est lapidé par la foule le jour des funérailles du futur Roi. On ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre sa mort et celle de Marie-Antoinette, toutes deux, brutalement, survenues à cause de la violence, la haine et la bétise des hommes.
  • & n’oubliez pas…Enjoy !

 

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Les appartements de Madame Du Barry à Versailles

Les appartements de Madame du Barry à Versailles

Les appartements de Madame Du Barry à Versailles Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

Les appartements de Madame Du Barry à Versailles

 Le château de Versailles ouvre les portes des appartements de la comtesse Du Barry, dernière maîtresse royale et présente une approche du style Louis XV.

La société des amis de Versailles a pour but de réunir des admirateurs inconditionnels du château et de généreux donateurs permettant de redonner son éclat d’antan à cette œuvre magistrale voulue par Louis XIV.

Les membres ont la possibilité de visiter des lieux, généralement inconnus du grand public, avec un conférencier.

L’appartement de la « belle » Du Barry a été entièrement rénové et meublé dans l’esprit du XVIIIe siècle avec du mobilier d’époque. Quelques pièces rares, tant par leur nombre que par leur esthétique, ont pu être réunies. Elles ont appartenu à la célèbre Comtesse.

Jeanne Bécu et le Roi

Louis XV ne se trompe pas lorsqu’il croise, dans un des grands escaliers de Versailles, une jeune femme d’une grande beauté dont il tombe éperdument amoureux. Agé de 58 ans, c’est un éternel neurasthénique. L’apparition de Jeanne va transformer sa vie.

Pour être présentée à la cour, Mademoiselle Bécu doit être titrée, elle épouse donc le Comte Guillaume Du Barry avec lequel elle contracte un mariage blanc. Rien ne s’oppose plus, dès lors, à ce qu’elle vive à Versailles auprès de son royal amant.

L’installation

Sous les attiques du château, donnant sur la cour de marbre, se trouvent les cabinets privés du souverain. Très vite, ce dernier octroie à sa favorite une partie de ceux-ci. Le premier architecte du roi, Ange Jacques Gabriel est mandé pour donner une nouvelle fraîcheur à cet endroit.

En ne s’adressant qu’à des artistes, pour ne citer que les plus prestigieux, tels que Fragonard, Madame Vigée Lebrun, Watteau et Van Loo pour la peinture, Carlin pour les commodes, boîtes à bijoux et secrétaires, Germain pour l’orfèvrerie ou encore Verbeck et Desgoulon pour les boiseries et les stucs, la jeune Du Barry va réunir tous les talents particulièrement prisés à la cour en matière d’arts décoratifs.

Visite d’un chef-d’œuvre du XVIIIe siècle

Après avoir « grimpé » par l’escalier intérieur du Roi, on accède enfin à ce lieu si particulier. Les plafonds sont bas et l’appartement n’a rien de comparable avec ceux que l’on visite habituellement. Cependant, bien que situé juste sous les toits, il se dégage de ce lieu mythique un charme incontestable.

L’antichambre

Sitôt la porte d’entrée passée, on accède à la première antichambre où se trouvent des armoires. En leur temps, elles contenaient le linge de table, l’argenterie et la vaisselle.

Un magnifique service de table dit « le service aux rubans bleus » trône derrière une vitrine, il est composé de 37 pièces dont certaines au chiffre de la propriétaire. Elles sont en pâte tendre, sortent tout droit de la manufacture royale de Sèvres; elles furent acquises par Madame Du Barry le 1er septembre 1770.

La bibliothèque

Dans le même lieu se trouve un petit escalier menant à une ravissante pièce aux dimensions réduites mais merveilleusement décorée, la bibliothèque.

Les portes des armoires en verre, raffinement inouï pour le siècle, sont ornées de motifs d’or dans le goût de l’époque. Dans le fond, une petite alcôve en glace avec un canapé recouvert d’un éclatant tissu fleuri, sur la droite, face à la fenêtre, une cage (aux armes de Jeanne) où se trouvait son perroquet favori auquel on apprenait des airs d’opéra et sur la gauche l’inévitable cheminée en marbre griotte, symbole, s’il en est, du château.

Les grands salons

Le salon d’angle donne sur la cour de marbre et la cour royale, la clarté atteint un maximum apportée par des fenêtres en renfoncement, détail d’architecture visant à faire paraître plus grandes les ouvertures. Ces dernières sont richement ornées de motifs « royaux » tels que la fleur de Lys ou les initiales du roi, mais l’artiste ne dédaigne pas les feuilles et les fruits également très appréciés. Quelques meubles d’époque et un portrait du monarque peint par Van Loo se trouvent ici ainsi que les deux fameuses chaises à châssis recouvertes de soie blanche et de motifs fleuris que l’on doit au menuisier Louis Delanois (1769). Elles faisaient partie du mobilier de la jeune femme.

Un amusant détail, dans le mur derrière une porte, on peut apercevoir le minuscule réduit dans lequel, paraît-il, le Roi faisait réchauffer son café…

Puis vient le salon de compagnie qui possède une cheminée de belle facture surmontée d’un buste de Pajou, des chenêts de Caffieri, des sièges recouverts de leur soie d’origine (un must) et deux commodes de style Transition.

La salle à manger et la salle des buffets

On se dirige, ensuite, vers la salle à manger aux murs blancs, parsemés de motifs turquoise du plus bel effet. Pas de table dans cet endroit puisqu’à l’époque, l’on mettait des tréteaux sur lesquels étaient posés une simple planche. Néanmoins, une nappe damassée donnait au tout une allure royale convenant au premier invité de la Comtesse. Tout autour, se trouvaient les chaises, celle du roi avait un dossier plus haut que celui des autres, noblesse oblige!. A côté, la salle des buffets. Les verres et les bouteilles qui ne figuraient jamais sur la table de la salle à manger étaient rangés ici et sortis à la demande des convives. Les servantes et valets s’occupaient également des nombreux plats en attente.

L’alcôve

Enfin, on rentre dans la pièce privée où règne comme un parfum de scandale à peine voilé: la chambre. Elle se trouve exactement au-dessus de celle de Louis XV.

On remarque une belle cheminée en marbre blanc finement taillée, une commode Transition, une somptueuse table de Martin Carlin en marqueterie, un petit bureau et une boîte à bijoux du même auteur. Le lit se trouvait, au XVIIIe siècle, en face des fenêtres sur la droite, il était surmonté d’une impériale, sorte de baldaquin avec de lourdes tentures. Une autre porte, ouverte, celle-ci, montre un escalier qui rejoint les toits du château et qui, sous Louis XVI, permettait l’accès à sa bibliothèque.

Les communs

La salle de bains spacieuse laisse apercevoir la place où se trouvaient les deux baignoires en cuivre épais, la première servant à se laver et la seconde à se prélasser dans une eau parfumée.

L’appartement se termine par une pièce attribuée à la femme de chambre, un cabinet de la chaise et l’immense garde robe aux habits.

La comtesse Du Barry quitte Versailles en mai 1774, le roi se meurt. Elle n’y reviendra jamais…

 

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Nevers, une ville historique méconnue ou oubliée dans la Nièvre…

Nevers, une ville historique méconnue ou oubliée dans la Nièvre...Tous droits Michèle LALLEE-LENDERS

Nevers, une ville historique méconnue ou oubliée dans la Nièvre… Click pour agrandir                                                   La porte du Crou                                                  Tous droits réservés Michèle LALLEE-LENDERS

Nevers, une ville historique méconnue ou oubliée dans la Nièvre…
Pour quelque obscure raison, la Nièvre, un des 101 départements qui composent notre pays, ne semble pas être tellement connue des Français.

C’est une lapalissade que de dire la pauvreté des connaissances géographiques de nos compatriotes. Elle prend d’ailleurs toute sa dimension lorsque l’on pose cette simple question: « où se trouve la ville de Nevers? »

A 236 km de Paris, en Bourgogne, une cité, dont certains monuments datent du Moyen Âge, de la Renaissance et du siècle des Lumières, s’étale au bord de la Loire. La ville raconte son histoire à travers ses édifices riches du savoir-faire de ses bâtisseurs aux différentes époques qui jalonnent le XVe siècle jusqu’à nos jours. De nombreux bâtiments et des maisons des XVe et XVIe siècles sont préservés et offrent aux promeneurs une visite à travers les époques historiques troublées ou fastes du pays nivernais.

Le Palais Ducal: le premier château de la Loire

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Palais Ducal
Tous droits réservés
Michèle LALLEE-LENDERS

En 992 naît la maison du comté de Nevers, d’Auxerre et de Tonnerre lors du mariage de Mathilde de Bourgogne avec Landry de Nevers. Au fil des ans, différentes familles illustres se succèdent à sa tête.

1464, Jean de Clamecy, comte de Nevers, petit-fils de Philippe le Hardi, décide de bâtir un « nouvel hostel », terme utilisé, à l’époque, pour définir une maison-forte, un château ou tout autre bâtiment prestigieux à usage d’habitation. Il faut vingt-sept ans pour en achever la construction. L’architecture du bâtiment se décline en plusieurs phases, car l’aspect du château n’est pas le même à la mort du comte, ses successeurs améliorent l’édifice en y ajoutant les éléments Renaissance qui le parent encore aujourd’hui. Ces modifications se décident notamment à la suite du changement survenu dans le statut de l’influente maison de Clèves (1538), le comté est alors érigé en duché-pairie et, par un désir manifeste de donner une allure plus conforme à la haute noblesse de ses habitants, les non-moins puissants, Gonzague (1565).

Le Cardinal Mazarin, principal ministre de Louis XIV, en devient propriétaire en 1659. Sa famille, les fameux Mancini, en hérite à sa mort et le conserve jusqu’à la Révolution.

La mise en valeur des différentes salles du Palais se fait par le biais des écussons des armes des villes du Nivernais et des comtes et ducs de Nevers qui ornent les murs leur apportant un relief remarquable.

L’architecture, dans son ensemble, est exceptionnelle dans le sens où elle mêle des bâtiments de la fin du Moyen Age avec ceux de la Renaissance Italienne. On admire à la fois, tourelles et tours, escaliers à vis, poutres et pièces de bois datant du XVe s, cheminées monumentales, fenêtres à croisillons, à meneaux, moulures, sculptures et blasons. Des vestiges gallo-romains ont été retrouvés sous l’édifice.

Le Palais Ducal est classé monument historique depuis 1840.

La Porte du Croux et la ballade sous les remparts

Il s’agit d’une réminiscence d’une porte du XIVe siècle par laquelle on accède à la ville et au quartier des faïenciers. Construite vers 1394-1398, elle en remplace une autre dont on se servait déjà au XIIe s lors de la construction des remparts ordonnée par Pierre de Courtenay, cousin du roi Philippe II Auguste. On y découvre un pur exemple de l’architecture militaire de défense avec les traces, dans la pierre, d’un pont-levis, hélas, disparu, sous lequel, à l’époque, coule une petite rivière, évanouie au fil du temps. Sur le haut de la tour, de magnifiques mâchicoulis et tourelles en encorbellements agrémentent les murs massifs. A gauche, en passant sous l’entrée, se trouve un étroit cachot, curieusement, situé à l’extérieur.

En 1851, la beauté du cadre et sa situation amènent, tout naturellement, la ville à décider que cet endroit magnifique hébergerait le musée archéologique du Nivernais. Ici, sont déposées différentes collections du patrimoine nivernais, objets de l’âge de bronze, de l’époque romane et des antiquités grecques et romaines pour les plus nombreuses, toutes découvertes lors des multiples fouilles archéologiques.

Le bâtiment est classé monument historique en 1862.

La Faïence bleue de Nevers, dès 1585

A la fin du XVIe siècle, les frères Conrade, Augustin et Antoine, Italiens de la province de Gênes, viennent à Nevers sur la demande expresse du duc Louis IV de Gonzague, afin d’y développer la faïence. Leur talent aidant, au XVIIe s, la ville est la seule de France à commercialiser des pièces d’exception. Au siècle suivant, on ne compte pas moins de douze faïenceries dont, seulement, quatre ont survécu. Aujourd’hui, Montagnon, Bernard, Georges et Girande sont les noms qui brillent au firmament de la faïencerie neversoise.

Bernadette Soubirous, la petite sainte

Le couvent Saint-Gildard recèle un trésor de la chrétienté: le corps de Bernadette Soubirous dite sainte Bernadette, canonisée le 8 décembre 1933 par le Pape Pie XI.

Cette jeune religieuse, née en 1844 à Lourdes, (Hautes-Pyrénées) est témoin, à plusieurs reprises, de l’apparition de la Vierge Marie, symbole fort de la religion chrétienne. Rentrée dans les ordres, elle rejoint Nevers et son couvent pour y mener une vie contemplative. Plusieurs années après sa mort, en 1879, son corps est découvert intact et déposé dans une châsse à la vue d’un public nombreux qui ne manque pas de venir contempler la petite voyante de la grotte de Massabielle.

La cathédrale Saint-Cyr Sainte-Julitte

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un bombardement met à jour l’ancien baptistère du VIe siècle dans lequel les premiers chrétiens se réclament de Dieu. Ce chef-d’œuvre de l’art bourguignon a une particularité, il possède deux absides, l’une romane et l’autre gothique qui se font face. De très beaux vitraux illuminent les sculptures et les peintures murales de qualité.

Outre Magny-Cours, célèbre pour son prix de F1 qui n’existe plus d’ailleurs, d’innombrables châteaux, moulins, chapelles romanes et vieilles maisons enrichissent la campagne environnante.

Pour les gourmets, la viande de charolais, connue dans le monde entier et les nougatines, petits bonbons faits de sucre et d’amandes ne peuvent que ravir les palais des plus délicats…

 

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Marie-Antoinette et ses appartements à Versailles

 

Marie-Antoinette et ses enfants Elizabeth Vigée Le Brun Domaine Public

Marie-Antoinette et ses enfants
Elizabeth Vigée Le Brun
Domaine Public

 

Marie-Antoinette occupe, successivement, trois appartements au château, deux, dits de fonction et un autre strictement privé.

La reine ne cesse d’agrandir son «territoire» tout au long de son règne, s’octroyant les pièces laissées par le décès d’un membre de la famille royale ou en faisant expulser, tout bonnement et simplement, les malheureux occupants. On peut voir une sorte de fuite en avant dans cette façon d’agir, peut-être explicable par un profond ennui et une réelle aversion pour la Cour.

Avril 1770 à Versailles

A quatorze ans et demi, lors de son arrivée en France, le premier de ses appartements lui est octroyé par Louis XV, comme c’était la coutume. En effet, le roi attribue chaque appartement, selon son bon vouloir, aux membres de la famille royale et aux courtisans. Un livre fort intéressant, écrit par William R. Newton, L’Espace du roi recense, dans le détail, les attributions et les décisions prises par les différents rois.

Marie-Antoinette est logée au rez-de-chaussée, dans l’aile sud. L’appartement, construit sur le même modèle que les autres, se compose d’une succession de pièces: une salle des gardes, deux antichambres, (l’une pour les domestiques, l’autre pour les nobles), une chambre, un cabinet et une pièce pour les femmes de chambre et les valets. Le dauphin, futur Louis XVI, occupe les autres pièces en enfilade à côté de son épouse.

Deux endroits retiennent tout particulièrement l’attention, le petit salon et la bibliothèque, leur superficie est, pour le moins, restreinte mais ils sont décorés avec goût dans des couleurs coquille d’œuf et turquoise.

Plus tard, le comte et la comtesse de Provence, frère et belle-sœur de Louis XVI y habitent puis, c’est l’infortuné dauphin, Louis XVII qui est dans ces lieux jusqu’à la Révolution.

Mai 1774

Louis XV meurt et la dauphine, devenue reine, occupe, à partir de ce moment, l’appartement du premier étage.

La chambre en est la pièce la plus prestigieuse. La jeune femme y passe beaucoup de temps, reçoit pour son lever et pour ses audiences privées.

Le lit, « à la duchesse », est une pièce unique. Imposant par son baldaquin, dont le poids nécessite, lorsque la reine y dort, des piliers de bois pour le soutenir, il est d’une incroyable richesse.

La reine sait s’entourer des artistes les plus talentueux de l’époque, Sur la cheminée en griotte, qui est de Forestier (1786), trône une sculpture représentant le buste de la souveraine, exécuté par Félix Lecomte en 1783 et un coffre à bijoux en acajou, bronze et nacre de Jean Ferdinand Schwerdfeger (1787). Face au lit, accrochée sur l’immense glace, une petite pendule indique l’heure à la reine, chaque matin.

Les soieries du lit et de l’alcôve ont été reproduites, exactement, d’après des cartons originaux de l’époque.

La petite histoire raconte que la porte dans le mur de la chambre, à gauche du lit, a permis à la souveraine de fuir, lors de l’invasion du château par les révolutionnaires, le 6 octobre 1789.

Par un escalier dérobé, on atteint, au rez-de-chaussée, la salle de bains, lumineuse, qui donne sur la cour de marbre. A l’époque, la cuve (ou baignoire) se trouve à gauche de la porte d’entrée, tandis qu’un lit de repos est placé à droite. Celui qui est actuellement présenté est dit à la polonaise (1785), il appartient au roi Louis XVI lorsque ce dernier séjourne au château de Compiègne. Sur ce lit, une courtepointe (1775), brodée aux chiffres entrelacés du roi et de la reine. Plus loin, quelques robes, dans le goût du XVIIIe siècle, sont placées sur des mannequins.

Le salon des jeux de la reine, (appelé aujourd’hui salon de la Paix) est une autre pièce mythique, rattachée à son appartement. C’est dans ce lieu qu’elle passe ses nuits à jouer et qu’elle perd des sommes conséquentes alors que Louis XVI règle ses dettes sans rechigner !

L’intimité

Dès son accession au trône, la reine jouit de ses petits appartements qu’elle ne cesse d’agrandir au fil du temps. Ces lieux sont privés. La plupart des pièces donnent sur une cour intérieure; elles sont exigües, sombres mais, comme toujours, très décorées. Il y a, il faut le noter, ce ravissant salon où l’on admire la boîte à bijoux que la reine a constamment avec elle. Ce petit joyau, œuvre de l’ébéniste Martin Carlin, lui est offert par le roi Louis XV, lors de son arrivée à la cour de France, elle le garde jusqu’à la fin de sa vie, puisqu’il est aux Tuileries, en 1789. On trouve aussi deux somptueux canapés d’époque, il y en avait trois, seuls deux ont été retrouvés après la Révolution.

Puis on visite une petite salle à manger où la reine ne reçoit que quelques privilégiés, triés sur le volet. Assise, dos à la cheminée, face à la table, ses invités sont sur une chaise, de part et d’autre, sans réel protocole. Deux vaisseliers en encoignure abritent les services en porcelaine de Sèvres.

Le personnel, valets et femmes de chambre se trouvent dans les pièces adjacentes, prêts à intervenir dès que Marie-Antoinette fait retentir une clochette en argent massif.

Pas très loin, (et ceci a son importance!) deux pièces minuscules sont occupées par le grand ami de la souveraine, Axel de Fersen, le très controversé comte suédois qu’elle souhaitait avoir près d’elle.

Une curiosité…. il subsiste, dans l’appartement de Fersen, une porte qui ouvre sur un escalier à vis, construit en même temps que le château. C’est une pièce rare.

Marie-Antoinette avait le goût du beau, du très beau, que ce soit pour ses appartements au château, au petit Trianon ou pour ses jardins. Elle n’a fait qu’embellir, certes, ce que ses illustres prédécesseurs avaient réalisé, mais il se dégage, de tous ces endroits où elle est passée, un raffinement à nul autre pareil.

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Les débuts de la Franc-Maçonnerie au XVIIIe s

Les débuts de la Franc-Maçonnerie au XVIIIe s

Les débuts de la Franc-Maçonnerie au XVIIIe s Tous droits réservés M.LALLEE-LENDERS

Les débuts de la Franc-Maçonnerie au XVIIIe s

La Franc-maçonnerie débute en Angleterre en 1717 et puise son fondement dans les confréries de l’architecture médiévale.

Définition de la Franc-Maçonnerie 

Association altruiste, plus ou moins confidentielle, composée de membres appelés les frères ou compagnons. Elle se divise en loges au sein desquelles est instaurée une hiérarchie avec un Vénérable à sa tête et des apprentis au bas de l’échelle sociale. La loge fait référence aux bâtisseurs du Moyen-Age qui y entreposaient leurs outils, aujourd’hui il s’agit de groupements collectifs autonomes qui se réunissent dans un lieu-dit.

Des symboles ou sigles particuliers, comme le compas  ou le triangle, permettent aux participants de se découvrir et de se reconnaître dans la plus grande discrétion.

La première et grande règle de la maçonnerie est la liberté de penser qui prime sur tout le reste.

Pourquoi les termes « franc » et « maçon »?

Le mot « franc » provient du temps où les bâtisseurs de cathédrales étaient des hommes libres, n’appartenant à aucun seigneur donc « franc », par opposition au serf corvéable à merci.

Le « maçon » s’apparente à l’homme en l’état, sorte de pierre brute qui se façonne lui-même par le biais de ses propres réflexions, de celles des autres et à travers l’initiation proposée par l’observance de la Loge pour devenir une pierre polie et atteindre, ainsi, une forme de connaissance universelle.

Le mode de fonctionnement

Chaque acteur est sélectionné par cooptation, reconnu et éduqué. Un rituel d’initiation lui ouvre la porte du Saint des Saints avec trois grades, l’Apprenti, le Compagnon et le Maître Maçon. Il s’engage, d’autre part, à assister le groupe et à l’aider en toutes circonstances.

Les réunions ou tenues ont lieu dans un espace secret et clos où l’on débat sur des sujets divers et variés tournant autour de l’Histoire, de la Science, de la Philosophie et de la Spiritualité.

En 1723, la constitution d’Anderson, le texte fondateur de référence, définit les bases de l’Ordre et les obligations du futur maçon. Elle est composée de 4 parties principales:

1) L’historique de la Franc-Maçonnerie.

2) Les devoirs inhérents au membre.

3) Les règlements généraux.

4) Les chants en vers qui retracent l’histoire depuis le commencement avec Adam.

Les débuts du mouvement en France et sa progression

A Versailles, le Roi Louis XV est favorable et appuie ce nouvel engouement, on comprend pourquoi lorsque l’on lit les statuts de 1742 qui préconisent que : »Nul ne sera reçu dans l’Ordre qu’il n’ait jamais promis ou juré un attachement inviolable pour la religion, le Roi et les moeurs ». Certains suggèrent que le Bien-Aimé fût initié à sa demande.

Ainsi, au XVIIIe s, chaque régiment a sa propre loge dans laquelle se nouent des amitiés autour d’un débat de réflexions. La noblesse et les militaires s’inscrivent parfaitement dans ce nouveau panorama d’une certaine sociabilité faite par et pour certains élus.

A Paris, la Grande Loge de France est fondée en 1738. Elle est la seule référence pendant trente-cinq ans jusqu’à ce qu’une discipline rivale, en 1773, le Grand Orient de France fasse son apparition.

Le premier Grand Maître de l’obédience nationale des maçons de France est Louis de Pardaillan de Gontrin, Duc d’Antin, promu entre entre 1738 ou 1740, rien n’authentifiant avec certitude une date plutôt que l’autre.

En 1771, Paris compte environ quarante et une loges, quelques cent soixante-neuf autres sont en province auxquelles s’ajoutent les loges coloniales, militaires et celles de l’étranger, soit quarante-sept de plus.

A la suite d’une forte dissidence qui oppose les membres de la Grande Loge, le Grand Orient de France voit le jour avec à sa tête, Louis Philippe d’Orléans qui entraine dans son sillage un grand nombre d’aristocrates. sa puissance est telle qu’il prend le pas sur l’autre avec 700 Loges et plus ou moins trente-cinq mille personnes. Il faudra attendre le 22 juin 1799 pour qu’une tentative de réunion s’amorce, mais sans grand succès.

La Franc-Maçonnerie: en partie responsable de la révolution française?

Certains voudraient y croire, il n’y a pourtant rien qui puisse venir appuyer cette thèse, tout d’abord, parce que, même si des pensées novatrices  apparaissent dans les Loges, à cette époque, les membres sont divisés. Beaucoup d’entre-eux, nobles, refusent que le Roi Louis XVI soit exécuté, mais préconisent le bannissement ou une forme de réclusion à perpétuité; ensuite parce qu’un grand nombre de Franc-Maçons sont aussi décapités pendant la Grande Terreur.

La seule chose que l’on puisse dire est, probablement, que les idées maçonniques de l’époque ont, peut-être, cimenté la révolte, comme elles instruisent, aujourd’hui encore, la progression collective de beaucoup de nos pensées qu’on le veuille ou non…

Deux maçons célèbres du XVIIIe s:

Le Marquis de Sade de la Loge « les amis de la liberté ».

Voltaire de la Loge « les neuf soeurs »

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